Nécrologie : Une des lumières de la S.I.G-Madina s’est éteinte en la personne de KÉITA Sékouba
Avec lui, Fodé Sékou BANGOURA, Mory SOUARÉ, et tant d’autres compagnons de lumière , nous avions rêvé d’ériger un sanctuaire invisible : un temple du savoir, ouvert aux humbles comme aux érudits, où la connaissance ne serait ni un privilège ni une frontière, mais un pain partagé entre les humains. À l’image des grandes universités du monde, d’Alexandrie à la Sorbonne, de Tombouctou à Harvard, nous voulions démocratiser la pensée, vulgariser l’intelligence, et arracher l’esprit africain à l’oubli où l’histoire l’avait trop longtemps relégué.
Qu’il repose désormais dans la paix éternelle.
Nous avions fait un serment silencieux, presque sacré : qu’il n’y aurait plus d’orphelins académiques, plus de jeunes abandonnés dans les ténèbres de l’ignorance faute d’accompagnement, faute de main tendue, faute d’espérance. Certes, nous n’avons pas tout accompli. Nos forces furent humaines, nos moyens limités, et le temps souvent cruel. Mais devant Dieu, devant l’Histoire et devant les consciences, nous pouvons dire que nous avons essayé avec sincérité. Nous avons donné ce que nous savions, avec la ferveur de ceux qui croient encore que le savoir peut sauver une nation.
Nous aurions voulu être davantage présents pour la communauté, répondre à chaque appel, soutenir chaque rêve, éclairer chaque détresse intellectuelle. Hélas… la vie impose parfois ses frontières même aux âmes les plus dévouées.
Quelle tragédie silencieuse que celle de la Guinée, terre fertile en génies discrets, mais si avare en reconnaissance envers ses propres enfants. Ceux qui se consument pour elle vivent souvent dans l’ombre, et meurent dans un anonymat que seule la mémoire des cœurs fidèles refuse d’accepter.
Notre ami, notre frère Sekouba, est parti comme il a vécu : avec dignité, humilité et silence. Sans bruit. Sans gloire. Pourtant, ceux qui l’ont connu savent qu’il appartenait à cette rare catégorie d’hommes qui éclairent les autres sans jamais chercher à briller eux-mêmes. Désormais, il revient à ceux qu’il a côtoyés, aimés, aidés et inspirés de dire au monde qui fut véritablement Sekouba : un semeur de conscience, un artisan du savoir, un homme dont la grandeur résidait précisément dans la discrétion.
Aujourd’hui, la Guinée enregistre une perte immense, lourde comme une bibliothèque qui brûle, silencieuse comme une chaire universitaire devenue vide.
À sa famille, à ses proches, à tous ceux que son départ plonge dans la douleur, j’adresse mes sincères condoléances.
Et à toi, frère Sekouba, que la terre te soit légère, que les bibliothèques invisibles de l’éternité accueillent ton âme studieuse, et que ton souvenir demeure vivant dans chaque esprit que tu as éveillé.
Repose en paix.
Docteur KABA Kerfala, Économiste
