Badra Koné à la barre : « Je n’ai pas de maison. J’ai 9 parcelles à Maférinyah et 2 véhicules »

Avant de prendre sa décision de renvoyer la procédure concernant Badra Koné et ses co-prévenus au ministère public pour ouvrir des enquêtes, la chambre de jugement de la CRIEF a tenu à entendre l’ancien président de la délégation spéciale de Matam. Le président de la Cour, Alpha Camara, a posé quelques questions au prévenu pour recueillir sa version sur les éléments du dossier.

Le candidat de la GMD (Génération pour la modernité et le développement) aux élections communales du 31 mai 2026 à Matam est revenu notamment sur sa gestion pendant les 23 mois passés à la tête de cette commune de Conakry. Interrogé sur ses revenus, Badra Aliou Cheickna Koné a indiqué qu’il percevait un peu plus de 11 millions de francs guinéens par mois en tant que président de la délégation spéciale de Matam. Parallèlement, dit-il, son activité de vente de véhicules lui rapportait un minimum de 300 millions de francs guinéens par an.

Parlant des ressources de la commune, il a expliqué qu’elles étaient composées uniquement des taxes locales, dont les montants varient entre 700 et 800 millions de francs par an. « Nous n’avons reçu aucune subvention », a-t-il répondu à une question du juge. En ce qui concerne les réalisations sous sa direction, il a énuméré quatre microprojets, tout en assurant que l’attribution des marchés a suivi scrupuleusement la procédure en la matière. « Tout est fait dans les règles de l’art. Moi, je n’interviens pas dans cette procédure », a-t-il déclaré.

Badra Koné a également abordé la question de l’acquisition d’un camion neuf par la commune. Il a indiqué que le véhicule a été obtenu à crédit pour un coût total de 70 000 euros, à payer par tranche de trois mois. Selon lui, lorsqu’il a démissionné de ses fonctions de président de la délégation de Matam, la mairie n’avait pas encore fini de solder ce montant. Quant au camion, il a affirmé qu’il est toujours garé à la commune et « n’a pas parcouru un seul kilomètre » depuis son acquisition.

Par ailleurs, le prévenu a été amené à s’expliquer sur ses liens avec la société B&B BTP, également poursuivie dans cette affaire. Il a soutenu qu’il avait acquis 50 % des parts de cette entreprise lorsqu’il a démissionné du conseil communal de Matam, dont il était le premier vice-maire. Mais, dit-il, il a revendu ses parts et quitté la société après sa nomination comme président de la délégation spéciale de la commune afin d’éviter tout conflit d’intérêts. Badra Koné assure aussi qu’il n’a joué aucun rôle pour permettre à cette entreprise d’obtenir l’un des marchés attribués par la mairie. « Je n’ai pas été membre de la commission d’appel d’offres pour permettre d’attribuer un marché à une société. J’étais à Paris au moment des faits », s’est-il défendu.

En ce qui concerne la mise en bail d’un domaine appartenant à la mairie de Matam, l’ancien dirigeant communal a soutenu que cette décision a été prise en conseil pour deux raisons principales. La première, dit-il, est que l’endroit en question était devenu un lieu de débauche et criminogène. « Deux personnes y ont même perdu la vie », a-t-il déclaré. L’autre raison, selon lui, était de permettre à la commune d’avoir 18 bureaux afin de loger tous ses services, dont certains étaient en location.

Interrogé enfin sur ses biens, Badra Koné a démenti la version selon laquelle il possède plusieurs maisons. « Je n’ai pas de maison », a-t-il répondu, ajoutant qu’il possède seulement neuf parcelles dans la sous-préfecture de Maférinyah (Forécariah), acquises bien avant son arrivée à la mairie de Matam, et deux véhicules. Il a dit aussi avoir deux comptes bancaires, avec un solde de 120 millions dans l’une des banques et une dette de 1 million 500 mille francs dans l’autre.

Alpha Fafaya Diallo et Mamadou Laafa Sow

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