CRIEF : Badra Koné sommé à justifier 240 milliards de francs guinéens
L’ancien président de la délégation spéciale de Matam, Badra Aliou Cheikhana Koné, ainsi que plusieurs de ses coaccusés, sont actuellement en détention. Ils sont au nombre de sept (7) personnes et trois (3) sociétés poursuivies pour des faits de « détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, faux et usage de faux en écritures publiques, escroquerie, prise illégale d’intérêt, conflit d’intérêt, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et complicité ».
Jusqu’alors inconnue, la somme que Badra Koné est appelé à justifier a été dévoilée mercredi 29 avril 2026, lors de sa comparution en flagrant délit devant le juge de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Il s’agit d’un montant estimé à 240 milliards de francs guinéens.
« Nous avons fait un autre constat que nous déplorons : sur le procès-verbal de flagrant délit sur lequel notre client a été entendu, il n’a jamais été question d’un quelconque montant. Mais, à cette barre, on parle de 240 milliards de francs guinéens. Je ne sais pas d’où sortent ces 240 milliards GNF », a déclaré Me Lanciné Sylla, l’un des avocats de Badra Koné.
Poursuivant, l’avocat rejette ce procès-verbal : « Cela veut tout simplement dire que ce n’est pas le procès-verbal de flagrant délit sur lequel notre client a été entendu qui a fait l’objet de saisine à la chambre de jugement. C’est un autre procès-verbal que nous ne reconnaissons pas et dont j’ignore l’origine. D’ailleurs, lorsque vous consultez le rapport de l’ORDEF versé au dossier de la procédure, il est question d’une estimation. L’ORDEF a procédé à une estimation à hauteur de 22 milliards GNF et quelques, ainsi que 70 000 euros, et recommande même un audit ».
Après l’identification des accusés et une brève comparution de Badra Koné devant la CRIEF, le juge en charge du dossier a renvoyé l’affaire au parquet spécial afin de l’orienter vers l’ouverture d’une information judiciaire, c’est-à-dire sa transmission à la chambre de l’instruction de la CRIEF pour approfondir les investigations.
Bhoye Barry
