Guinée/ La revanche des faits sur les faiseurs de récits : Quand un pays se lève, les prophètes de malheur rentrent chez eux (Par MMS)
Tribune internationale — Avril 2026- Il est des moments dans l’histoire où une nation, longtemps tenue en lisière du concert des peuples qui comptent, décide souverainement de tourner une page. Non pas dans le vacarme des proclamations creuses, mais dans le silence laborieux des chantiers, des tribunaux, des urnes et des réformes. La Guinée est en train de vivre un tel moment. Et certains — journaux en quête de clics, tribuns d’un autre âge, frustrés d’un système que les Guinéens ont eux-mêmes balayé — peinent à l’admettre.
Il faudra pourtant s’y faire. Les faits ont cette brutalité aimable : ils ne se laissent pas contester par des vidéos tendancieuses ou des éditoriaux nourris de ressentiments. La Guinée du président Mamadi Doumbouya avance. Elle avance avec méthode, avec vision, et avec une ambition que la réalité des chiffres et des réalisations vient aujourd’hui confirmer, loin des conjectures de salon.
I. LA RÉCONCILIATION AVEC SOI-MÊME : LES PLAIES D’UN PEUPLE ENFIN PANSÉES
Un grand peuple ne peut construire son avenir en ignorant les blessures de son passé. C’est ce principe fondateur, aussi simple qu’exigeant, qui a guidé l’une des premières décisions majeures du président Doumbouya : organiser des Assises nationales , ce forum inédit où les Guinéens, toutes tendances confondues, ont pu se parler, s’écouter, et commencer à cicatriser des décennies de fractures politiques, ethniques et sociales.
Mais la réconciliation ne saurait rester un exercice rhétorique. Elle exige des actes. Et l’acte le plus courageux, le plus historiquement décisif, fut sans doute l’organisation du procès des tueries du 28 septembre 2009 — ce massacre du stade de Conakry au cours duquel des centaines de civils guinéens, dont de nombreuses femmes, avaient été froidement assassinés et violés sous le regard de soldats en uniforme. Pendant des années, les familles des victimes ont pleuré dans l’impunité. Pendant des années, des régimes ont repoussé l’échéance de la justice au nom de prétendues nécessités politiques.
Mamadi Doumbouya a choisi de ne pas entrer dans cette logique. Il a laissé la justice guinéenne faire son travail. Ce procès, d’une ampleur inédite en Afrique de l’Ouest, a eu lieu. Il constitue, aux yeux des observateurs les plus sérieux, un signal fort : en Guinée, l’État de droit n’est plus une promesse; c’est un engagement traduit en actes judiciaires.
À cela s’ajoute la réparation d’une autre injustice historique, longtemps restée ouverte comme une plaie vive : le relogement des familles déguerpies de Kaporo Rails en 1998 , à qui l’État guinéen a enfin accordé des titres fonciers sur des terrains viabilisés. Ce geste — banal en apparence, révolutionnaire dans le contexte — signifie que l’État a accepté de regarder ses propres manquements en face, et d’y remédier.
Dans le domaine de l’identité citoyenne, la gratuité des cartes nationales d’identité, financée sur le budget de souveraineté du chef de l’État, a permis à des dizaines de milliers de Guinéens d’accéder enfin à un document qui, dans de nombreux pays, est encore un luxe pour les plus démunis.
Enfin, dans un secteur longtemps marginalisé, celui de la culture et de la création artistique, l’opérationnalisation de la copie privée a ouvert la voie à une politique d’assurance sociale couvrant près de 2 000 artistes et professionnels de la culture guinéenne . C’est la reconnaissance, enfin institutionnalisée, que les créateurs sont des travailleurs à part entière, dignes de protection sociale. Combien de gouvernements africains peuvent s’en prévaloir ?
II. L’ÉCONOMIE : DES PROPHÈTES DE MALHEUR DÉMENTIS PAR LES CHIFFRES
On se souvient des voix qui, au lendemain du changement de régime en 2021, prédisaient avec une assurance troublante l’effondrement de l’économie guinéenne. Les fonctionnaires, affirmaient-ils, ne seraient plus payés. L’État s’enfoncerait dans le chaos fiscal. Les investisseurs fuiraient. La Guinée deviendrait, selon ces Cassandre de circonstance, un État en faillite.
La réalité a infligé à ces prédictions un démenti cinglant.
Depuis l’accession du président Doumbouya au pouvoir, les fonctionnaires guinéens ont été payés sans interruption . Les pensions de retraite sont revalorisées et versées régulièrement. De nouveaux recrutements ont été effectués, tant dans la fonction publique civile que dans les forces armées. L’État n’a pas plié. Il a tenu. Il a même recruté et investi.
Mais la donnée la plus spectaculaire, celle qui a fait le tour des capitales financières mondiales, c’est sans conteste la notation souveraine inaugurale** de la Guinée par l’agence internationale Standard & Poor’s.
Le 18 septembre 2025, pour la première fois depuis son indépendance en 1958, la République de Guinée s’est vue attribuer une note souveraine : B+ avec perspective stable , placée au-dessus du Nigeria, du Sénégal et du Ghana dans le classement ouest-africain de S&P. Et ce n’est pas tout : dès mars 2026, cette note a été relevée à “B+ avec perspectives positives” , signifiant que S&P anticipe une amélioration supplémentaire dans les mois à venir. Pendant que d’autres pays voient leur note dégradée, la Guinée, elle, grimpe.
L’agence a cité plusieurs facteurs déterminants : une discipline budgétaire exemplaire avec un déficit public projeté sous les 3 % du PIB pour la période 2025-2028 (contre une moyenne régionale de 5 %), une inflation ramenée à 3,5 % après un pic à plus de 11 %, et un PIB national révisé à la hausse de près de 50 % , atteignant 36,3 milliards de dollars en 2024 — positionnant la Guinée parmi les économies les plus importantes d’Afrique de l’Ouest.
S&P a également salué les jalons politiques récemment franchis : l’adoption d’une nouvelle constitution en septembre 2025 et l’élection présidentielle de décembre 2025, qui ont conduit à la levée des dernières sanctions de l’Union Africaine et de la CEDEAO.
III. SIMANDOU : LE PHARAON QUI AVAIT ÉTÉ PROMIS, L’INGÉNIEUR QUI L’A CONSTRUIT
Si un seul dossier symbolise la transformation économique en cours, c’est bien Simandou . Ce gisement de minerai de fer aux monts Foni, connu depuis des décennies comme la promesse perpétuellement différée de la Guinée, est en train de devenir sous la gouvernance du CNRD ce qu’il aurait dû être depuis longtemps : le levier de transformation d’une nation entière.
Le projet, évalué à plus de 20 milliards de dollars , est le plus grand projet intégré d’extraction de minerai de fer jamais développé en Afrique. Il comprend quatre blocs miniers, un chemin de fer trans-guinéen de près de 670 kilomètres reliant les gisements à la côte, et un nouveau port en eau profonde dans la préfecture de Forécariah. La production annuelle pourrait atteindre 95 millions de tonnes à pleine capacité, avec un minerai d’une qualité rare — plus de 65 % de teneur en fer, bien au-dessus de la moyenne mondiale.
Le FMI lui-même a validé le potentiel de ce projet : selon ses projections, Simandou peut augmenter le PIB guinéen de 26 % d’ici 2030 et doubler la valeur des exportations minières du pays. L’agence S&P anticipe quant à elle une croissance du PIB proche de 10 % par an entre 2026 et 2028 , directement tirée par ce méga-projet.
L’État guinéen y est souverainement représenté, avec une participation jusqu’à 51 % dans les infrastructures— chemin de fer et port — et 35 % dans la mine . Ce n’est pas une cession de souveraineté. C’est une négociation gagnante, menée par un État qui sait désormais ce que valent ses ressources.
L’exploitation a officiellement débuté le 11 novembre 2025 à 11h11mn, et le programme Simandou 2040, visionnaire dans son ambition et structuré autour de cinq piliers stratégiques, trace la feuille de route d’une Guinée émergente pour les quinze prochaines années — avec un financement colossal estimé entre 200 et 300 milliards de dollars, dont les deux tiers mobilisés auprès du secteur privé international, attiré précisément par la crédibilité que la notation souveraine vient de consolider.
À cela s’ajoutent les grands chantiers d’infrastructures lancés à Koloma** et sur les routes nationales, qui dessinent une Guinée en mouvement, un pays qui construit son futur en béton et en asphalte, pas seulement en discours.
IV. LA DÉMOCRATIE : DES INSTITUTIONS BÂTIES PIERRE APRÈS PIERRE
Certains reprochaient au président Doumbouya de ne pas se presser vers les urnes. Ils oubliaient — ou feignaient d’oublier — que bâtir des institutions solides prend du temps, et que les élections organisées sur des fondations fragiles ne produisent jamais que des démocraties de façade.
La Guinée a choisi une autre voie : celle de la refondation patiente et méthodique.
Une nouvelle Constitution a été adoptée en septembre 2025. L’élection présidentielle de décembre 2025 a été organisée dans des conditions saluées pour la forte mobilisation populaire qu’elle a suscitée. Et aujourd’hui, pour parachever l’édifice institutionnel, les élections législatives et communales sont fixées au 31 mai 2026— un double scrutin qui donnera à la Guinée une Assemblée nationale élue et des conseillers communaux légitimes, mettant fin aux délégations spéciales qui géraient les collectivités depuis des années.
La campagne électorale sera officiellement ouverte le 1er mai 2026. Les bureaux de vote seront accessibles sur l’ensemble du territoire de 7h à 18h30. La Direction Générale des Élections et la Haute Autorité de la Communication encadrent le processus. Ce n’est pas une transition qui piétine — c’est une démocratie qui se construit, étape après étape, dans l’ordre et la légalité.
V. LES SABOTEURS DU RÉCIT : QUI PROFITE DES MENSONGES ?
Il est légitime de s’interroger sur les motivations de ceux qui, face à ces réalisations documentées et chiffrées, persistent à décrire une Guinée en perdition. Le journal Jeune Afrique, autrefois référence du journalisme panafricain, s’est ces dernières années spécialisé dans une forme de critique à charge qui, pour la Guinée, ressemble davantage à de l’acharnement qu’à du journalisme. Ses articles sur le pays ignorent systématiquement les avancées, amplifient les difficultés, et donnent tribune aux détracteurs tout en fermant les yeux sur les réalisations objectives.
La question est simple : dans l’intérêt de qui ces récits sont-ils fabriqués ?
Dans l’intérêt des nostalgiques d’un système que les Guinéens ont eux-mêmes rejeté ? Dans celui des puissances qui préfèrent une Afrique fragilisée à une Afrique souveraine ? Dans celui des opérateurs économiques qui, sous les anciens régimes, pillaient les ressources guinéennes sans contrepartie pour le peuple ?
Les Guinéens, eux, ont répondu par les urnes en décembre 2025. Ils répondront à nouveau le 31 mai 2026. Et chaque fonctionnaire payé régulièrement, chaque retraité qui perçoit sa pension, chaque artiste couvert par une assurance sociale, chaque famille de Kaporo Rails qui tient un titre foncier dans les mains, chaque investisseur qui cite la Guinée comme une destination crédible — tous ces gens sont la réfutation vivante des récits calomniateurs.
LA GUINÉE N’A PAS BESOIN D’ÊTRE DÉFENDUE — ELLE A BESOIN D’ÊTRE VUE
Il ne s’agit pas ici d’affirmer que la Guinée est parfaite, ni que tous ses défis sont résolus. L’honnêteté intellectuelle commande de rappeler que le chemin vers l’émergence est long, semé d’embûches, et que la vigilance des citoyens et de la presse — une presse vraiment indépendante — reste indispensable.
Mais il y a une différence fondamentale entre la critique constructive et la destruction systématique. Entre l’examen rigoureux et la caricature militante. Entre le journalisme et la propagande.
La Guinée de Mamadi Doumbouya a organisé le procès du 28 septembre. Elle a obtenu sa première notation souveraine de l’histoire. Elle a lancé Simandou. Elle paye ses fonctionnaires. Elle construit ses routes. Elle tient ses élections. Elle répare ses injustices.
Ce pays se lève. Et quand un peuple décide de se lever, les prophètes de son effondrement n’ont plus grand-chose à dire.
Cet éditorial s’appuie sur des données vérifiées issues de sources officielles, d’agences internationales de notation et de presse africaine indépendante.
MMS
