Sénégal : Macky, Bassirou et le tollé populaire
Macky Sall devra-t-il se résoudre à n’être prophète qu’en dehors de son pays ? Après deux mandats (2012-2024) et une popularité qui, au Sénégal, ne voit poindre aucun assaut de nostalgie, l’ancien chef de l’État tente de rebondir sur la scène internationale.
Candidat à la succession d’António Guterres, il est accusé de chercher à se soustraire à de possibles poursuites judiciaires en obtenant le poste de secrétaire général de l’ONU. Le voilà pourtant qui foule le sol sénégalais, où il a rendez-vous, le 17 juillet, avec Bassirou Diomaye Faye.
Campagne onusienne
L’épée de Damoclès qui menace Macky Sall ? Les conséquences de la répression qui s’était abattue sur les manifestants pro-Sonko, entre 2021 et 2024, causant la mort d’une soixantaine de personnes – 51 d’entre elles étaient tombées sous les balles de policiers ou de mystérieux miliciens.
Sans doute la campagne onusienne de Macky Sall souffre-t-elle de cette polémique nationale, que son séjour sénégalais ne devrait pas apaiser. Réputé proche du Pastef (le parti au pouvoir), le Front pour une révolution anti-impérialiste populaire et panafricaine (Frapp) estime ainsi, dans un communiqué, que l’ancien président est « persona non grata dans son pays ». Le Collectif des familles des martyrs, le Collectif des victimes de Macky Sall et l’Initiative zéro impunité (IZI) organisaient, le 16 juillet, une conférence de presse pour protester contre le rendez-vous du lendemain.la suite après cette publicité
Bassirou Diomaye Faye dans la tourmente
Si Macky Sall ne se refera pas une virginité cette semaine, quel intérêt peut-il retirer de ce tête-à-tête avec son successeur ? Fraîchement élu, Bassirou Diomaye Faye avait promis aux victimes des manifestations que justice leur serait rendue et qu’ils seraient indemnisés. Deux ans plus tard, aucun procès n’a eu lieu, les indemnisations restent très partielles et l’actuel président traverse lui-même une zone de turbulence politique.
