Donald Trump annonce des restrictions sur la durée de séjour des journalistes aux États-Unis

Nouvelle étape dans le durcissement de la politique migratoire américaine. Le gouvernement de Donald Trump a décidé de limiter la durée de séjour aux États-Unis des étudiants et journalistes étrangers, selon un document administratif rendu public jeudi 16 juillet.

Selon les nouvelles règles, prévues pour entrer en vigueur d’ici deux mois, sauf blocage au Congrès, les ressortissants étrangers détenteurs d’un visa étudiant ne seront pas autorisés à rester plus de quatre ans sur le territoire américain. Les journalistes étrangers seront, pour leur part, limités à des séjours de 240 jours, soit environ huit mois, tout en pouvant solliciter des renouvellements pour des périodes identiques.

Jusqu’à présent, les États-Unis octroyaient des visas pour la durée du programme d’un étudiant et jusqu’à cinq ans pour un journaliste.

Des centaines de médias concernés

Cette mesure, qui doit entrer en vigueur 60 jours après sa publication dans le registre fédéral (l’équivalent du Journal officiel) attendue vendredi 17 juillet, va affecter les journalistes accrédités pour des centaines de médias étrangers aux États-Unis. Elle avait été proposée dès l’an dernier par le gouvernement, ce qui avait ouvert une phase de consultations.

Une centaine de médias et organisations de presse internationaux, dont l’AFP, avaient estimé dans une lettre ouverte que cela « amoindrirait la quantité et la qualité de la couverture » de l’actualité américaine.

Le président Donald Trump a juré de mettre fin à l’immigration illégale et de limiter l’immigration légale. Le Congrès, où son parti est majoritaire, s’oppose rarement à ses initiatives.

Indignation de RSF

Depuis son retour au pouvoir, son gouvernement a expulsé massivement des immigrés illégaux et imposé une série de restrictions parfois draconiennes à l’entrée légale aux États-Unis des ressortissants étrangers, limitant les filières (asile, carte verte, etc.) voire bannissant les étrangers de certains pays en développement. Il s’en prend, par ailleurs, régulièrement aux journalistes et à la couverture de certains médias qu’il accuse de propager des fausses informations.

Se disant « indignée » par cette décision, l’ONG Reporters sans frontières (RSF) a relevé qu’elle risquait de « priver les journalistes internationaux de la possibilité de couvrir l’actualité depuis les États-Unis et rend extrêmement difficile, voire impossible, le fonctionnement des médias internationaux sur le territoire américain ». « Le cycle incessant des renouvellements de visa restreint la liberté de la presse », a ajouté l’organisation, pour qui cela constitue une « violation directe » de la liberté d’expression et de la presse, appelant le Congrès à agir.

Pour l’association CPJ, qui œuvre à protéger les journalistes, la mesure annoncée représente « la dernière escalade en date » de la part du gouvernement Trump, qui « fait suite à une série de violations de la liberté de la presse profondément inquiétantes ». « C’est le comportement d’une démocratie en déclin, pas d’un pays à l’avant-garde de la liberté de la presse à l’international », ajoute le CPJ dans un communiqué.

Des chiffres en hausse

Justifiant sa décision, le ministère de la Sécurité intérieure, qui gère les flux migratoires, a parlé dans ce document d’une « augmentation significative » ces dernières années du nombre d’étudiants et de journalistes bénéficiant de ces visas. Cela « représente un défi pour la capacité du [ministère] à surveiller et à contrôler ces non-immigrants pendant leur séjour aux États-Unis », a-t-il ajouté.

En 2024, le ministère a recensé plus de 1,8 million d’entrées sous le visa étudiant, en hausse de 11 % par rapport à l’année précédente.

Menaces de la Chine

Les journalistes chinois seront quant à eux soumis à un cadre particulièrement restrictif, avec des visas limités à 90 jours et des prolongations de la même durée.

« La Chine s’oppose fermement aux actions discriminatoires des États-Unis visant des pays spécifiques », a déclaré un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. « La Chine exige que les États-Unis annulent immédiatement leurs politiques discriminatoires à l’encontre des journalistes chinois », a poursuivi Lin Jian lors d’un point de presse régulier, ajoutant, sans plus de détails: « la Chine se réserve le droit de prendre des contre-mesures réciproques ».

Par :RFI avec AFP

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

YouTube
%d blogueurs aiment cette page :